histoire des greco-corses

Au XVIIème siècle, la Sérénissime installa à Paomia, sur la côte occidentale de l’île, une colonie de Grecs originaires du Péloponnèse fuyant la domination ottomane. Fidèles soutient de la République, ils furent en butte à l’hostilité ouverte des Insulaires et durent se réfugier à Ajaccio ; la conquête française leur permit de se réinstaller non plus à Paomia mais à Cargèse (1775), dont ils furent chassés en 1793 avant de revenir définitivement en 1811. Leurs descendants s’y trouvent toujours ainsi qu’en attestent les patronymes corsisés de Frimigacci, Garidacci ou Stephanopoli ; par contre la pratique de la langue grecque disparut probablement au tout début des années 1970

{Extraits de : Histoire et mémoires des immigrations en région Corse. Synthèse du rapport final - avril 2008 (Jean-Michel Géa, Didier Rey, Pierre Bertoncini, Vannina Marchini, Marco Ambroselli, Yannick Solinas - Responsable scientifique : Ph. Pesteil - Université de Corse Pascal Paoli - Avenue Jean Nicoli - 20250 Corte)}

http://barthes.ens.fr/clio/acsehmr/

CHRONOLOGIE

Les ancêtres des Grecs de Cargèse étaient des Maïnotes originaires de Vitylo ou Oitylos (Laconie.) Pour fuir le joug Ottoman, 800 Grecs décidèrent de s'expatrier.

1663: Des pourparlers conduits par Mgr Partenios Calcandis, Evêque de Vitylo, avec le gouvernement de Gènes devaient durer 12 ans. Le dit gouvernement concédait aux émigrants en Corse, le territoire de PAOMIA, à quelques 50 kilomètres d'Ajaccio. Cette concession était accordée contre une faible redevance à la condition que les Grecs reconnaissent la suprématie du Pape.

1665 : Les pourparlers étant assez avancés, le 25 juin, Mgr Calcandis qui devait, avec 6 moines et prêtres, accompagner les Grecs en Corse, remercie le gouvernement de Gènes.

1675 : La Commission des Stephanopoli étant revenue satisfaite du territoire concédé à Paomia, la signature d'un contrat eut lieu en 1675, le 25 septembre, avec le capitaine Daniel, du vaisseau "sauveur", qui devait en 10 jours rendre les 800 émigrants soit à Livourne, soit à Gènes, pour le prix de 5 réaux (valeur du réal: 0,0382 €) payables à destination. L'embarquement eut lieu dans la nuit du 3 au 4 octobre 1675, mais le "sauveur" ne mouilla devant Gènes que le 1er janvier 1676. Sur 800 émigrants, 120 moururent pendant la traversée.

1676 : Le 13 février, interrogatoire de Mgr Parthenius par les autorités génoises qui désiraient connaître les causes de leur exil. Avant le départ pour la Corse, lesdites autorités "italianisèrent" les noms * (cliquez pour voir liste des patronymes). Le 14 mars, 3 galères génoises abordèrent en un point imprécisé qui devait être à la hauteur de Paomia. II semblerait qu'il s'agisse de la petite baie "dei Monachi" (des moines) aujourd'hui Baie des Forni. PAOMIA, tire son nom de l'italien "pavone" (Paon). PAOMIA comprenait 5 hameaux: Pancone, Corone, Rondolino, Salici et Monte-Rosso, qui furent construits par les Grecs en un an.

1678 : Achèvement à Rondolino de l'église principale Notre Dame de l'Assomption (fête patronale le 15 Août). Par un labeur acharné, les Grecs transformèrent la contrée qui fut la mieux cultivée et la plus riche du pays alentour. Pendant une cinquantaine d'années, ils vécurent en bonne intelligence avec leurs voisins corses.

1729 : Révolte générale des Corses contre les Génois.Les Grecs refusent de se battre contre leurs bienfaiteurs. Considérés comme partisans des Génois, leurs propriétés de Paomia furent saccagées et pillées.L'année suivante, les Corses s'en prirent aux habitants qui luttèrent victorieusement. Cependant, les Génois ne pouvant leur venir en aide, leur conseillèrent de rejoindre Ajaccio par mer en laissant sur place une cinquantaine des leurs pour couvrir la cité. Ce détachement dut se replier à pied jusqu'à la pointe extrême de la presqu'île d'Ominia où il se réfugia dans la tour génoise. A bout de vivres, il put, à la faveur d'une sortie de nuit, se frayer, de vive force, un chemin vers Ajaccio qu'il atteignit vers la fin du mois d'avril 1731.

1731/74 : Pendant ces 43 années, les Grecs demeurèrent à Ajaccio.

1768 : 1er juin : Les troupes génoises amènent leurs drapeaux que remplace aussitôt, sur la citadelle d'Ajaccio, le drapeau du Roi de France. Les Grecs formèrent alors un régiment que le Comte de Marbeuf incorpora dans ses troupes.

1774 : Par l'entremise du Comte de Marbeuf, les Grecs obtiennent le territoire de Cargèse en compensation de la perte de Paomia. A la demande du Comte, Georges Stephanopoli (surnommé Capitan Giorgio) réussit en partie, à faire accepter cette proposition. Le Comte de Marbeuf y fit construire, par le Génie, 120 maisons, toutes de même type à 250 mètres de la mer. Le comte qui est fait Marquis de Cargèse fit également construire un château.

1793 : La révolution s'abat sur l'Ile. Le château de Marbeuf est rasé par les Jacobins de Vico, mais le village ne subit ni déprédations, ni sévices irréparables.Les hommes, qui se sont retranchés dans les deux tours de part et d'autre de la petite baie du Pero, sont autorisés à regagner Ajaccio avec femmes et enfants. De nouveau, les Grecs demeurent à Ajaccio pendant 4 ans. Ils sont ramenés à Cargèse sur l'ordre du Directoire par le général Casabianca; les deux tiers des Grecs consentent à revenir (800 environ), les autres préfèrent rester à Ajaccio ou se rendre sur le continent.

1804 : A cette époque, Cargèse compte 1000 habitants dont 350 environ sont corses. Cette intégration permet au village de vivre à jamais en paix.

1808 : Cargèse devient le centre de l'armée de secours. Une caserne y est construite qui peut loger 400 à 500 soldats.

1814 : Nouvelles menaces des Vicolais qui, sous Charles X, doivent restituer une partie des biens dont ils s'étaient emparés.

1830 : Les nombreuses alliances intervenues entre Grecs et Corses, désarment les Vicolais qui renoncent à de nouvelles attaques.Et depuis... Grecs et Corses vivent en parfaite intelligence.

http://www.cargese.net/fr/historique-de-cargese-corse-22.html

APPENDICE

1874 : 80 familles, ainsi qu’un prêtre uniate, émigrèrent en Algérie et créèrent à 57 kms de Constantine, un village appelé Sidi Mérouan. Ce village fut construit à l'identique de Cargèse. Les derniers descendants de ces familles  quittèrent l’Algérie en 1962, après 88 ans de présence. Voir :

http://www.cerclealgerianiste.asso.fr/contenu/villes315.htm

XIXème  et XXème siècles : Jusqu'aux alentours de 1914, d'autres habitants de Cargèse émigrèrent dans d'autres lieux d'Algérie ou en Tunisie, comme ma famille qui s’installa à Massicault.

1961 & 1962 : Fin de l'aventure tunisienne et algérienne, nouvel exil et nouvelle aventure en Corse ou sur le Continent, en Australie ou en Amérique du Nord ou bien ailleurs.

Est-ce la fin des pérégrinations ...?

 

* Pour l'auteur Élie Papadacci, son nom d'origine était Papadakis, tout comme Démitrius Garidacci était Garidakis. Par contre, pour Patrice Stéphanopoli, Papadacci s'appelait Papadaky alors que Garidacci s'appelait Garidakos (voir liste des patronymes). Qui croire ? les deux auteurs s'appuyant, d'après eux, sur des documents incontestables. Enfin, "KIS" "KY" ou "KOS", il reste néanmoins que les génois en firent des "CCI".

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APARTÉ :

j'ai été contraint de supprimer un extrait de l'histoire des Grecs de Claude Bonéfant ,alors que je lui en avais laissé l'entière  paternité, à la suite du veto de l'une de ses descendantes. Elle a du juger que la lecture de cet extrait,  lu ici par plus de 7 100 personnes reconnues, sur le site "Geneannuaire", lui faisait trop de publicité, alors qu'il n'était jusqu'alors qu'un parfait inconnu pour la majorité des visiteurs. Tant pis pour ceux qui auraient pu découvrir une partie de notre histoire grâce à ce texte.

 

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